Business Objects : Intéressement, reconduction de la grève du 22 février au lundi 17 mars à 11h00
Posted on Sam, 15 mar 2008 12:13:38 CET
Topic: Revendications
Chers Dirigeants,
L'élastique a cassé !
Vous avez tiré de plus en plus vers le haut le niveau de performance, la
croissance et les bénéfices. Tout le monde aurait pu être satisfait! Mais en
même temps, vous avez tiré de plus en plus vers le bas la reconnaissance,
l'emploi, les conditions de travail et la répartition des richesses que les
salariés ont créés.
Oui, l'élastique a cassé !
Depuis des années, à maintes reprises, nous avons tracté et communiqué à
travers les diverses institutions de représentation du personnel pour vous le
faire comprendre et vous prévenir.
A maintes reprises :
·
Nous nous sommes opposés au dumping fiscal et
social, que vous avez mené en vendant (de façon sous-évaluée d'après le
fisc), la propriété intellectuelle à la filiale irlandaise de Business
Objects.
·
Nous sommes intervenus pour légitimer le
mécontentement des consultants et trouver une solution à leurs conditions de
travail dégradées.
·
Nous vous avons alerté des dégâts humains
qu'engendrent le jeu de chaises musicales que vous mettez en oeuvre lors de la
pluart des réorganisations au sein de l'entreprise.
·
A chaque acquisition, nous avons insisté pour que
les salariés des sociétés achetées conservent les avantages et les acquis
qui les avaient menés sur le chemin de la réussite. Mais vous avez préféré
la rationalisation dans le respect des pratiques de marché, au détriment de la
croissance sociale et de considérations techniques et opérationnelles non
négligeables. C'est irrationnel !
·
Nous avons demandé de véritables Gestions
Prévisionnelles de l'Emploi et des Compétences pour que vous puissiez proposer
et mettre en place de véritables plans de carrière et de formation
·
...
Et à maintes reprises, nous pourrions vous rappeler tous les autres
évènements sur lesquels, force de propositions, nous sommes intervenus.
Mais de plus en plus, vous avez continué à augmenter votre niveau d'attente
sur les objectifs des salariés, tout en corrélant leurs paiements aux
résultats de l'entreprise en introduisant des variables dont vous seuls avez la
maîtrise. Les salariés ne veulent plus travailler plus pour gagner moins. Pour
mieux appliquer vos méthodes vous avez divisé les salariés en faisant
considérer certains de vos collaborateurs comme insuffisants
professionnellement alors qu'ils avaient contribué au succès de l'entreprise.
Les salariés ne veulent plus de ces méthodes !
Vous
avez beaucoup exigé d'eux. En retour, vous auriez dû, en bons gestionnaires et
visionnaires, vous attendre à ce qu'ils exigent une reconnaissance
proportionnelle à vos demandes ! Même les méthodes de management et de
communication par la menace ne marchent plus !
Alors, vous avez mis quelques propositions timides sur la table pour obtenir
une démobilisation
des salariés et acheter la paix
sociale à moindre coût.Vous avez proposé de fixer à 100% le
coefficient de « performance de l'entreprise ». Mais la loi demandant aux
entreprises de payer les parts variables indépendamment de leur volonté, il
s'agit plus en réalité d'une remise en conformité légale.
Vous avez proposé une prime de 1200€. Mais en prélevant l'argent
nécessaire non pas sur des provisions mais sur les budgets des responsables de
la R&D et des opérations, les salariés en subiront les impacts futurs à
court ou moyen terme dans leurs conditions de travail. En réalité, il s'agit
donc plutôt d'une forme d'avance sur salaire plus que d'un réel effort de
l'entreprise. Bien qu'au plan légal les salariés de la société Cartesis
récemment acquise conservent leur ancienneté, ils se verront payer cette prime
au prorata temporis, ce qui constitue selon nous un acte discriminatoire et un
message fort de refus de les intégrer !
Enfin, vous promettez de débuter plus tôt que prévu les travaux
d'harmonisations des avantages sociaux mais vous ne promettez pas que
l'harmonisation sera bénéfique pour les salariés de Business Objects, et vous
n'apportez pas de précisions aux salariés sur les bénéfices qu'ils peuvent
escompter de ce processus.
Les salariés ne sont pas dupes ! En conséquence, il subsiste un sentiment
fort que la direction méprise ses salariés. Et vos propositions ont eu pour
conséquence certes de diviser les salariés, mais surtout de radicaliser les
positions et les divergences, nuisant ainsi au climat social et au bon
fonctionnement de l'entreprise.
Ainsi, lors de l'assemblée générale du vendredi 14 mars à 12 heures,
les salariés ont décidé à une forte majorité de reconduire la grève du 22
février 2008 au lundi 17 mars 2008. Une fois de plus, nous n'en doutons
pas, vous pointerez ces salariés grévistes. Mais, au moins, avez vous mesuré
qui ils sont et ce qu'ils souhaitent réellement?
Ces grévistes sont ces salariés que vous avez recruté, ces salariés qui
depuis de longues années, continuent à respecter ces valeurs qui vous étaient
si chères : LCT2IP
·
Leadership : ils
montrent leurs capacités à prendre en main leurs intérêts, en interpellant
la direction et en se mobilisant tout en restant solidaires.
·
Customer Focus : Ils se
mobilisent pour que l'entreprise renoue avec les bonnes pratiques de gestion des
ressources humaines à destination des salariés à la hauteur de la qualité
des prestations attendues par les clients externes.
·
Transnational Identity
: Ces mobilisations regroupent des salariés de différentes cultures et
origines, bien au-delà du prétendu mauvais caractère des français,
présentés à tort comme des “râleurs” et des “branleurs”. Ces
critiques envers les salariés de BO france ont pour but de désamorcer des
remarques et des actions légitimes et fondées.
·
Innovation : Des
assemblées générales de salariés, des grèves, pour ouvrir de véritables
négociations
·
Integrity : Les
salariés sont respectueux des valeurs et demandent leur application à toutes
et à tous quel que soit le niveau hiérarchique dans l'entreprise, au-delà de
l'exigence évidente du respect des lois en vigueur dans leur pays.
·
Passion : Les salariés
ne sont pas démissionnaires. Il font grève parce qu'ils aiment passionnément
l'entreprise qui les emploie, parce qu'ils connaissent aussi les bonnes
pratiques de leurs métiers qui les mèneront plus haut sur le chemin de la
réussite.
Ainsi, vous comprendrez l'intérêt de ne pas sanctionner ces salariés qui,
parfois au détriment de leur image, n'hésitent pas à faire grève, dans leur
intérêt propre mais aussi dans celui du bon fonctionnement de l'entreprise.
Les sanctionner, c'est vous sanctionner et c'est sanctionner toute l'entreprise.
Vous proposez de « renouer avec les bonnes nouvelles ». Les salariés, eux,
veulent que vous « renouiez avec les bonnes pratiques »
.
Bien au-delà de l'aspect financier des revendications, la dialectique de
l'augmentation de la prime de 1 200€ témoigne avant tout d'un fort besoin de
reconnaissance et de respect. C'est dans cette perspective que nous vous
demandons d'ouvrir des négociations répondant aux revendications actuelles à
l'origine des grèves. Nous souhaitons ainsi trouver des solutions «
win-win » satisfaisantes pour tous. Vous avez exprimé votre incapacité à
augmenter la prime de 1 200€ (sans toutefois apporter de justifications
convaincantes). Mais vous avez d'autres choix de reconnaissance financière
indirecte. Par exemple, vous pouvez proposer dès 2008 une semaine (5 jours) de
congés supplémentaires. Les salariés de l'entreprise sont passionnés et
utilisent souvent leur temps personnel pour s'enrichir de nouvelles
connaissances et expériences, souvent bénéfiques et applicables dans
l'exercice de leur métier. En réalité, les congés payés sont extrêmement
profitables à l'entreprise qui s'enrichit plus qu'elle ne pourrait le penser de
l'épanouissement des salariés dans leur sphère privée. Accorder dès
maintenant des jours de congés supplémentaires donnerait aux salariés un
premier aperçu des bénéfices qu'ils peuvent espérer de l'harmonisation des
avantages sociaux..
D'autre part, les salariés souhaitent ardemment la mise en place de vrais
plans de carrières et de formation, coordonnés avec une véritable gestion
prévisionnelle de l'emploi et des compétences, et décorrélés du processus
de rémunération au mérite. Nous sommes persuadés que vous et nous pouvons
être, ensemble, attentifs, ouverts à la discussion, créatifs et innovants.
Pendant l'heure de grève nous resterons donc à votre écoute dans l'espoir
que vous ayez renoué avec les bonnes nouvelles, et surtout avec les bonnes
pratiques dans l'intérêt commun de l'entreprise et de ses salariés.
David Babut et Louis Lecaroz
Délégués Syndicaux CGT Business Objects
Identification
Vous n'avez pas encore de compte? Enregistrez vous ! En tant que membre enregistré, vous bénéficierez de privilèges tels que: changer le thème de l'interface, modifier la disposition des commentaires, signer vos interventions, ...