Le Résistant - Business Objects : Droit de réponse au Monde Informatique sur la grève du 17 mars 2008

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Business Objects : Droit de réponse au Monde Informatique sur la grève du 17 mars 2008
Posted on Mer, 19 mar 2008 06:02:53 CET
Topic: Sujets et informations publiques

Bonjour madame,

je reviens vers vous au sujet de votre article (relatif à la grève du 17 mars 2008 chez Business Objects, http://www.lemondeinformatique.fr/actualites/commentaires-nouvelle-grogne-des-salaries-de-business-objects-france-25626.html#commentaires) qui dérange à plusieurs titres.

Vous écrivez : "Un second mouvement de grève vient d'être organisé par les fédérations syndicales de la filiale française de BO pour protester contre le non versement de leur prime d'intéressement et contre la prime de 1 200 €, proposée par la direction en guise de compensation."

Or :

- Nous vous avons bien précisé que ce mouvement est unitaire à l'initiative de toutes les instances de représentants du personnel. Les sections syndicales (et non pas les fédérations) ont été accompagnées dans le mouvement par la liste d'élus non syndiqués.

- Nous ne sommes pas une "filiale française" de Business Objects dans la mesure où la société mère, Business Objects SA est française et nous emploie directement. En revanche nous sommes bien désormais une filliale de SAP.

- Nous ne protestons pas exactement contre le non versement de la prime d'intéressement. Le versement est en effet conditionné à un indicateur déclencheur (taux de marge nette) négocié avec le CE, non atteint au titre de 2007, et nous ne sommes pas en mesure de contester ce point de manière éclairée tant que l'expert comptable nommé par le CE n'aura pas mené à terme sa mission d'examen des comptes 2007 et du prévisionnel 2008.

- Nous ne protestons pas non plus contre le versement de la prime de 1 200 euros. Cette prime sera versée fin mars et nous n'avons jamais envisagé de nous y opposer. Je pense que vous l'avez compris mais la formulation est importante. Ce que nous dénonçons, à la demande de nombreux salariés, c'est la très nette insuffisance du montant au regard des efforts consentis par les salariés, au regard des très bons résultats de l'entreprise, et au regard des rémunérations "goinfronomiques" encaissées par les cadres dirigeants de Business Objects en 2007 et au début de 2008. Le fond du problème ne réside pas dans l'exigence aveugle d'une prime plus conséquente, mais dans la demande forte d'une meilleure reconnaissance par la direction du surinvestissement des salariés qui a été couronné de bénéfices, et la demande d'une répartition des richesses plus juste.

Vous écrivez que la mobilisation "a répondu aux attentes de l'ensemble des syndicats (CFDT, CFE-CGC, CGT, FO)"

Or :

- La grève répond d'abord à l'attente de nombreux salariés qui souhaitaient marquer sans équivoque et de manière visible leur profond mécontentement.

- La section CGT n'avait aucun objectif chiffré en terme de mobilisation. Cette dernière nous semble satisfaisante compte tenu des éléments qui avaient pu faire obstacle à la mobilisation. Mais on ne peut pas dire qu'elle réponde à des attentes particulières autres que celle de permettre aux salariés de s'exprimer.

- En l'absence de représentants de la CFE-CGC (et de FO je crois) lors de notre discussion, il me semble abusif d'affirmer que la mobilisation a répondu à leurs attentes. Mais peut-être les avez-vous joints par ailleurs?

Vous écrivez que "cette prime est bien maigre au regard de l'intéressement perçu pour 2005 et 2006 - soit entre 5 000 et 6 000 €-"

Or :

- La prime d'intéressement "moyenne" en 2005 et 2006 se situe certainement aux alentours de 5 000 et 6 000 euros. Mais plusieurs personnes ont touché moins et beaucoup ont touché encore plus. En effet cette prime est calculée pour moitié proportionnellement au salaire et pour moitié en fonction du temps de présence.

Vous écrivez "qu'un cadre chez BO gagne entre 50 000 et 60 000 € annuels en moyenne"

Or :

- Cette façon de formuler et de présenter les chiffres induit le lecteur en erreur et a blessé plusieurs salariés de Business Objects.

- La moyenne se situe peut-être autour de 60 000 euros bruts annuels mais elle est tirée vers le haut par quelques très hauts salaires. Ainsi la médiane est plus faible que la moyenne. Mais surtout une part importante des salariés de Business Objects touche une rémunération annuelle inférieure aux points de repères que vous avez cités. La dispersion des salaires étant relativement importante à l'échelle de l'entreprise, l'évocation d'une moyenne ne me semble pas pertinente pour rendre compte de la situation, et de plus elle est de nature à créer une opposition entre les employés bien ou moins bien lotis.

Plus largement, vous concluez votre article sur la "perplexité" engendrée par les raisons qui ont motivé la grève chez Business Objects.

Pourtant, nous vous avons longuement expliqué pourquoi ce mouvement social ne peut pas être réduit et présenté comme un "problème de riches". Le vrai problème de riches est le problème des cadres dirigeants de l'entreprise, qui s'évertuent à entretenir un équilibre fragile, qui consiste à obtenir toujours plus de rentabilité tout en offrant aux employés un niveau de reconnaisance minimal et si possible suffisant pour les retenir dans la société.

Quoi qu'il en soit, je ne comprends pas le parti pris implicite de votre conclusion contre les salariés grévistes, au lieu de mettre l'accent sur le rôle et les responsabilités de la direction dans l'effritement progressif et immérité de la rémunération globale des salariés.

Pourriez-vous avoir l'obligeance, a minima, de rectifier les inexactitudes dans votre article?

Cordialement,

David Babut - Délégué Syndical CGT Business Objects


 
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Mais qui sont ces "certaines filières" qui seraient perplexes ? (Score: 1)
par llecaroz le Mer, 19 mar 2008 06:44:47 CET
(Profil Utilisateur | Envoyer un message) http://www.le-resistant.com
L’article du Monde Informatique (LMI) cité ci dessus nécessite en effet beaucoup de rectifications, autant dans le fond que dans la forme. Les propos retranscris sont loin de ceux qui ont été tenus, voir fantaisistes, et même mélangés avec ceux de certaines personnes non citées.

Nous sommes loin de la revendication pure et dure d'une prime pour une prime de façon stérile ! Il s'agit avant tout de conditions de travail, et d'attentes des salariés par rapport aux objectifs fixés par la Direction. Il est question de reconnaissance, de création de richesses ainsi que de leurs répartitions, ce qui de l'impression des salariés, semble être de moins en moins le cas dans l'entreprise...

Il faut se rendre compte qu'aujourd'hui, quelque que soit la filière, même dans la hi-tech (où de par le niveau de technicité, du niveau d'études, certaines catégories de salaires peuvent être élevées), des revendications et des mouvements sociaux naissent un peu partout.

D'après l’article, le silence et/ou la désolidarisation et/ou aurai(ent)t-il(s) un prix ?

Il y aurait maintenant des seuils de salaire qui rendrait toutes luttes injustifiées et créant de la perplexité ?

A partir de quel salaire a-t-on alors le droit de revendiquer, de se défendre ?

Certes il y a pire (politique du moins disant quand tu nous tiens), mais doit-on attendre d'être dans le pire pour se défendre ? Comment survivraient ainsi les acquis ?

Mais, en réalité, ces « certaines filières » qui peuvent considérer les raisons de cette grogne avec « une certaine perplexité », qui sont-elles ? Et sur quoi « pourrait » porter cette « certaine perplexité » ? Tout parlant au conditionnel, l’auteur de l’article a construit ici une hypothèse fortement démagogique sans détail, ni précision, ni justification de sources potentielles. En effet, il pourrait y avoir une certaine perplexité au niveau de certaines filières telles que SAP et les analystes financiers :
-Lors de l’annonce de l’OPA de SAP sur Business Objects, l’action de l’acquéreur avait chuté
-Si accessoirement, SAP s’attendait à un embellir son image par le rachat de Business Objects, au vu des problèmes, Il y a bien en effet de quoi être perplexe quant aux efforts de résolution des problèmes par la direction.



Un problème de riches ? Mais qui sont ces riches ? (Score: 1)
par llecaroz le Mer, 19 mar 2008 22:30:12 CET
(Profil Utilisateur | Envoyer un message) http://www.le-resistant.com
John Schwarz, le directeur général de Business Objects, devance l'ex-n° 1 de L'Oréal, Lindsay Owen-Jones : Patrons: des salaires en or
Quote:
Avec plus de 26 millions d'euros encaissés cette année-là (salaires, stock-options, actions gratuites…), Schwarz détrône l'ex-n° 1 de L'Oréal, Lindsay Owen-Jones, et vole la vedette aux habitués de ce hit-parade.


Hervé Couturier : Compensation for Hervé Couturier, BUSINESS OBJECTS SA, Senior Group Vice President Product Group
Quote:
Base Pay $411,250

Bonus $154,237

Restricted Stock $0

LTIP Payouts $0

Present Value of Option Grants $2,216,037

Other Annual Compensation $176,744

All Other Compensation $19,655

Total Compensation $2,977,923




Tecmo : 36 employés prêts à claquer la porte ? (Score: 1)
par llecaroz le Lun, 16 jun 2008 18:20:32 CEST
(Profil Utilisateur | Envoyer un message) http://www.le-resistant.com
D'après un article original de Gael B. de Generation NT (
Itagaki : pas le seul à partir ?) :
Quote:
Au début du mois, Itagaki-san faisait état de son intention de quitter Tecmo. Ce départ serait effectif à compter du premier juillet prochain. L'une des raisons invoquées a été le non-paiement de primes dues sur certains jeux, ce à quoi Tecmo rétorque que ces mêmes primes n'ont pas été approuvées par l'équipe de gestion actuelle. La société se retrouve maintenant dans une posture qui n'est pas évidente à tenir, puisqu'on parle de 36 employés qui seraient prêts à claquer la porte, en intendant également un procès contre l'éditeur pour le motif précisé plus haut.


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